Afrique : créer et développer son entreprise en limitant les risques

Les entrepreneurs tentés par une implantation en Afrique sont de plus en plus nombreux. Attention au miroir aux alouettes ! Il faut savoir s’adapter aux réalités locales.

Leurs croissances laissent rêveurs les ministres de l’économie de la zone euro. En 2019, L’Ethiopie, le Kenya, le Ghana et la Côte d’Ivoire vont enregistrer plus de 7 % de croissance annuelle. « Les vraies opportunités pour les entrepreneurs se trouvent aujourd’hui en Afrique », s’enthousiasme pour sa part Samir Abdelkrim, fondateur de Emerging Valley et auteur de « Startup Lions : au coeur de l’African Tech ». 

Désormais, des incubateurs proposent même des programmes dédiés tels le pionnier Bond’innov à Bondy (Seine-saint-Denis) ou Marseille innovation. La tech africaine intéresse de plus en plus les fonds d’investissement. Depuis 2015, un club Afrique a vu le jour au sein de France Invest, l’association française du capital investissement. Les entrepreneurs français sont donc de plus en plus nombreux à s’intéresser à l’Afrique, soit pour y trouver des fournisseurs, soit pour y ouvrir des filiales. 

Bien choisir où s’implanter et se rendre sur place

« L’Afrique, c’est 54 pays avec des réalités complètement différentes », prévient Samir Abdelkrim. S’y lancer requiert donc beaucoup de préparation et de se poser les bonnes questions : « mon produit répond-il à un besoin ? Y a-t-il des concurrents déjà sur place ? Les infrastructures locales sont-elles développées ? Le pays est-il stable ? », détaille Rachid Alhiane, responsable du programme MeetAfrica au sein de Marseille Innovation. 

Où s’adresser ? Pour identifier de potentiels marchés, Thomas Kerjean, directeur général de Mailinblack, PME implantée à Marseille, s’appuie sur « des analyses quantitatives et qualitatives fournies par les CCI ou Bpifrance ». Les chambres de commerce, consulats et ambassades de chaque pays proposent des études de marché. Les douze bureaux de CCI France International sur le continent et leurs spécialistes sur place sont autant de relais utiles.  

Après avoir choisi deux ou trois pays cibles, le voyage sur place s’impose. « On les pousse vraiment à aller sur le terrain. Certains se cassent les dents en pensant qu’une idée qui marche en France sera vite adoptée en Afrique », alerte Rachid Alhiane. Selon lui, l’entrepreneur doit se confronter aux réalités locales. Dans le cadre du programme MeetAfrica, destiné aux diasporas africaines installées en France et en Allemagne, il recommande « de se familiariser avec les codes culturels, car même en étant issu de la diaspora, on peut être déconnecté du terrain car l’écosystème évolue vite. »

Des missions d’exploration dans différents pays sont régulièrement organisées par Business France. Il existe également un club d’entrepreneurs français désireux de s’implanter sur le continent, Africalink. Il permet aux chefs d’entreprise de découvrir les écosystèmes locaux à travers de nombreuses missions sur place.

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